DOMIKS
Le 7 décembre 1988, la région du Shirak est touchée par deux terribles tremblements de terre à quelques minutes d'intervalle. A 11h41 précisément une faille de 20 kilomètres de long s’ouvre provoquant une secousse ressentie de Tbilissi jusqu’au sud de l'Arménie. La région de Shirak, sa capitale Gyumri, ainsi que d’autres villes secondaires comme Spitak, située à proximité de l’épicentre, s'effondrent presque entièrement. Ces villes ont été construites pendant l'ère soviétique, avec des matériaux d’assez mauvaise qualité, ce qui fut la raison principale du niveau de destruction élevé comparé à la relative faible puissance des secousses, respectivement 6,9 et 5,8 sur l’échelle de Richter. Deuxième élément jouant en faveur d’une très grande amplitude, l’épicentre était situé juste sous la surface terrestre, accentuant la violence des ondes. La catastrophe survient également à une heure ou toutes les écoles, les entreprises, et autres lieux de vie sont en pleine activité, ce qui fait considérablement augmenter le nombre de victimes. Selon les sources, entre 25 000 et 50 000 personnes sont décédées, et plus de 500 000 personnes sont alors sans abri.
Mikhaïl Gorbatchev, alors dirigeant de l’Union Soviétique, est en visite aux Etats-Unis. Il prend directement un avion pour rentrer à Moscou et envoie une délégation officielle dès le lendemain à Gyumri. Sans aucun précédent, l’aide internationale est immédiatement sollicitée et des pays comme le Royaume-Unis, le Japon, le Canada ou les USA répondent présent, apportant un important dispositif humanitaire et une aide financière considérable. Des centaines de conteneurs remplis de denrées et de matériel arrivent dans les jours et les mois qui ont suivi le séisme et des organisations internationales comme la Croix-Rouge effectuent un travail formidable d’urgence.
Un événement viendra cependant perturber très rapidement cette mobilisation et la reconstruction immédiatement entreprise par le gouvernement central de Moscou dans les mois qui suivent : la chute de l’Union Soviétique et l'indépendance de l’Arménie. Près de deux ans après la catastrophe, le 26 décembre 1991 est proclamée la fin de l’URSS et la reconnaissance officielle des indépendances des pays anciennement membres, dont la république d’Arménie. Cette dernière avait proclamé son intégrité trois mois plus tôt, le 21 septembre. L’argent n’arrive plus comme prévu, les aides sont plus difficilement acheminées vers la région touchée, et les travaux s'essoufflent quasiment immédiatement. Un nombre important de sinistrés sont encore dans des endroits temporaires, notamment dans des conteneurs arrivés avec l’aide deux ans plus tôt. Un nom venant du russe, signifiant “petite maison” s’est rapidement popularisé pour parler de ces habitats supposés temporaires : le domik. Trois mois après le désastre, seulement 35 000 personnes avaient trouvé refuge à Gyumri dans des habitats légers et temporaires, tandis que la quasi-totalité des autres étaient chez des proches ou étaient partis en Russie.






















